03 mai 2006

Dimanche

Ce matin nous avons passé une heure au bord de la piscine avant de prendre un taxi pour

nous conduire dans le centre de Ouagadougou.

Un dimanche à Ouagadougou.

Nous sommes entrés dans la cathédrale, une longue cathédrale en pierre rouge construite dans les années 30, l’intérieur est rose et jaune… nous nous sommes arrêtés dix minutes pendant la messe au milieu des fidèles qui chantaient et priaient avec des lunettes de soleil, des coiffes sophistiquées et des chemises brodées.

Puis nous avons descendu les longues avenues de la ville sous un soleil brûlant et une lumière blanche.

Les avenues sont ponctuées par de larges places avec au milieu un monument commémoratif. La place de la révolution et sa fresque communiste, la Place des cinéastes et ses bobines superposées de cinéma, en béton, la Place des nations unies qui tourne autour d’un globe… au centre d'une autre il y a un lion mais je ne sais pas comment elle s'appelle.

Ce qui me frappe et m’intéresse beaucoup c’est l’architecture sixties qui reprend les motifs des masques et des sculptures de l’art africain. Formes géométriques, façades très dessinées qui rappellent certaines recherches des artistes cinétiques des années 60.

J’aime beaucoup!

On voit se dessiner en arrière plan de ces bâtiments la pensée et les politiques de l’Afrique des années 60, à l’époque où les chefs d’états comme Léopold Senghor et ses camarades construisaient une « nouvelle Afrique » et la conduisaient vers des modes de vie et une modernité internationale qui a donné cette forme à il me semble pas mal de villes du continent.

Il semble que les choses n’aient pas suivi cette perspective et ce n’est pas si grave…

Quoi qu’il en soit, Ouagadougou est une ville du Sahel mais une ville qui n’a rien de déglinguée comme je le supposais, les bâtiments et les avenues sont propres, des arbres ont été plantés dans les jardins et le long des avenues qui font oublier le désert…

Il parait que tout a beaucoup changé depuis deux ans, et que les grosses sociétés implantées en Côte d'Ivoire se sont souvent déplacées ici...

Rien de sinistre dans cette ville, pas même des voiles noirs sur la tête des femmes, les ouagalaises sont élégantes et réveillées, elles conduisent en robes africaines et coiffes sophistiquées leur deux roues chinois…

C’est dimanche et la rue est calme, demain ce sera peut-être plus agité.

Nous sommes entrés à l’Hôtel de l’Indépendance pour boire une bière locale faites à partir de mil au bord de la piscine dans une ambiance très très sixties. Même Demis Roussos chantait "it's five o'clock" au dessus de la piscine bouillante...

Puis nous avons descendu une autre avenue, et nous nous sommes arrêtés à

la Palmeraie, un beau restaurant dans un jardin entouré de murs au cœur de la ville.

Après le déjeuner nous avons continué notre route jusqu’à la mosquée, en longeant toujours de très graphiques bâtiments officiels dans les jardins.

Sous les arbres les hommes font la sieste et la chaleur reste accrochée à 40°c.

Alors nous avons sauté dans un taxi qui nous a ramené au bord de la piscine de notre hôtel.

Là, changement de décor et de population, les riches businessmen libanais passent la fin d’après-midi au bord de la piscine à faire des affaires et ils sont paraît-il nombreux à vivre à Ouagadougou et dans toutes les villes de l’Afrique de l’Ouest.

J’aime ces connections et ces réseaux qui se tissent sur la planète en dehors de l’Europe, Beyrouth à Ouagadougou tout comme on avait vu les pays du Golfe venir s’amuser et faire des affaires avec entrain et une belle excentricité au Caire il y a quelques mois…

Coucher de soleil rouge sur le désert et la savane africaine.

Posté par Pascal à 16:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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