03 mai 2006

Mardi

Je suis très bien à Ouagadougou ; dès l'ouverture du balcon le matin, la chaleur qui s’engouffre dans la chambre, la ville horizontale et sablonneuse avec des bouquets d’arbres sous la lumière crue enlève tous les nuages d’anxiété et de froid accumulés cet hiver à Paris.

Cet hôtel est drôle car il rassemble toutes sortes de figures comme c'est le cas dans tous les hôtels. Mais nous ne sommes pas beaucoup, et ce décor d’hôtel chic construit par Kadhafi dans la savane donne déjà une impression intéressante.

On croise dans le hall et au bord de la piscine des personnes, et on se demande « qu’est-ce qu’ils font à Ouagadougou eux ? », « D’où crois tu qu’ils viennent ? » pour presque tous la réponse reste en suspens…

Une blonde qui lit des romans en fumant des cigarettes depuis 3 jours au bord de la piscine, un ambassadeur africain très classe, en costume blanc amidonné qui est en relation avec des blancs qui portent des vêtements démodés de l'époque de Giscard comme souvent les blancs qui ont quitté l’Europe il y a 15 , 20 ou 30 ans.

Des enfants à qui une femme demande « tu préfères ici ou Dakar ? » et qui répond « j’aime les deux mais pas la Côte d’Ivoire ».

Un couple avec leur belle mère, qui se promène dans le hall en face le presque désert en robe de soirées, hier noire, aujourd’hui rouge…

Des jolies blacks en escarpin et jupes courtes…

Pour les Libanais en costume, ou plus branchés selon s’ils sont nés en Afrique ou s’ils viennent de Beyrouth, on sait d’où ils viennent et ce qu’ils font et ils donnent une ambiance mafieuse et masculine dans cet hôtel où ils font leurs affaires assez fascinante.

Ce matin nous sommes allés au marché. Le marché de Ouagadougou est installé autour du marché, car le marché lui-même a brûlé et est fermé par de grands portails.

Par contre les rues alentours grouillent de marchandises, sous le soleil, dans la musique, la poussière, les cris, les rires, les mobylettes chinoises…

Nous avons tourné un long moment dans le centre puis nous nous sommes rendus dans une villa que l’on nous avait indiqué la veille où un antiquaire français vend ses objets. Je voulais acheter un masque du Gabon dont les traits me rappellent les visages asiatiques.

Nous l’avons rencontré, puis sa mère, une sorte d’Anouk Aimée qui a passé 40 années en Afrique et en passera encore pas mal nous a raconté longuement sa vie africaine… depuis les années 60, dans sa villa de Conakry, à la Mauritanie où son mari était en poste pour une compagnie aérienne avant de repartir pour Lomé, Niamey, le Tchad… et enfin Ouagadougou.

C'est les paysages mauritanien qu'elle dit préférer.

Une femme intelligente qui ayant quitté la France sous de Gaulle et n’y reviendra peut-être jamais…

Sa connaissance et son goût pour l’Afrique était agréable à écouter.

Son passé m’évoquait toutes sortes d’images intéressantes…

Nous sommes revenus à l’hôtel « masqués » et avons plongé dans la piscine au coucher de soleil avant de décoller pour Niamey puis Paris…

 

Posté par Pascal à 15:33 - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Mardi Je suis très bien à Ouagadougou ; dès

    wahoo!

    vous les trouvés fascinants vous ces néo colonialistes sans complexes, ces enfoirés de Libanais qui méprisent les hommes intergres et baisent les femmes comme des mal-propres....

    C est sympa de rester trois jours acheter un masque (du Gabon!!!!), dormir dans un palace de dictateur, et de voir ca avec un regard amusé; des vrais voyageurs quoi, vous vous n'etes pas de vulgaires touristes.

    Cela dit, c est vrai que tu écris bien.

    nizabré babila

    Posté par guillaume, 14 juillet 2008 à 20:36 | | Répondre
  • Hum...

    ... tes tribulations sont encore une fois passionnantes à lire et à regarder !
    As-tu dansé à Ouaga ? Et les marchés, comment sont-ils devenus ?

    Posté par Nathalie, 04 mai 2006 à 09:05 | | Répondre
  • grand merci.

    je n'avais pas fini de vous lire, que j'en redemandai encore.....mon amoureux se trouve actuellement à Ouaga.et grace à vous, je visite, avec photos à l'appui. je peux ainsi, parler avec lui d'endroits, de places, de monuments, de lac séché, d'architecture,... et lui, semble émerveillé de l'attention que j'ai eu de connaitre davantage l'endroit ou il se situe actuellement.....mais, chut! c'est grace à vous! merci.

    Posté par sixtine, 05 juillet 2009 à 10:17 | | Répondre
  • passionnant

    j'aime bien ton style d'écriture.tu es super à l'instar de narrateur.quand je lisais l'article,je voyais l'image devant mes yeux et j'avais l'impression que j'étais là avec toi.les photos sont magnifiques et je les ai trouvées quand meme parlantes.l'image de libanais m'a beucoup plu.je te souhaite un grand succès.bonne chance.

    Posté par rittfrancais, 28 mai 2006 à 06:30 | | Répondre
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